L’Yonne.fr – Départementales : l’entrée timide du Front national

Le FN fait bien son entrée au conseil départemental. Mais seulement deux frontistes, sur 38 candidats qualifiés au second tour, siégeront au sein de l’assemblée.

C’est une entrée historique. Mais elle est loin d’être fracassante.

Le Front national, qui avait placé dix-neuf de ses binômes dans les vingt cantons encore en jeu, hier soir, n’a été élu qu’à Villeneuve-sur-Yonne, face à un conseiller sortant DVG et maire de la commune, Cyril Boulleaux, affaibli par les divisions au sein de son conseil municipal.

« L’appel de Germigny »
a pesé

Le duo FN Erika Roset-Claude Thion sera donc le seul à siéger au sein du conseil départemental. Le seul aussi de toute la Bourgogne. Partout ailleurs, le Front national estime avoir buté sur ce que son chef de file appelle dans un sourire jaune « l’appel de Germigny. La gauche a voté pour la droite. Ce qui est clair, c’est que désormais, il y a l’UMPS d’un côté, les patriotes de l’autre », affirme l’eurodéputé frontiste Edouard Ferrand. Devant une poignée de militants et de candidats, le patron du FN en Bourgogne dit sa « déception », mais préfère insister sur un « tripatouillage électoral » pour ne pas ternir l’éclat d’un « événement historique ». Un pan d’histoire qui n’a tenu qu’à 60 voix à Villeneuve.

Dans les autres cantons, le Front national n’a pas résisté au front républicain. Le conseiller spécial de Marine Le Pen, Julien Odoul, échoue à Pont-sur-Yonne avec 43,75 %.

Malgré une avance de quinze points au premier tour, Medhi Barbot laisse finalement la place à la sortante Mariel-Laure Capitain à Saint-Florentin.

Même à Thorigny, où le Front national promettait sa victoire, le duo Manchin-Massard ne parvient pas à concrétiser son avance. Le FN y récolte néanmoins son meilleur score dans le département après Villeneuve, avec 46,05 % des voix.

« Il faut que les sortants comprennent que le FN est chez lui dans l’Yonne », martelait fièrement Julien Odoul, mercredi soir, à Sens, en réunion publique. Manifestement, il lui reste encore du chemin à parcourir. Qu’importe, « tout ça est de très bon augure pour les régionales en décembre, se projette déjà Edouard Ferrand. L’avenir nous appartient. »

Willem van de Kraats
willem.vandekraats@centrefrance.com
Source – L’Yonne.fr