Les députés débattent des sujets à l’ordre du jour du sommet européen: migrations, sécurité et appartenance du Royaume-Uni à l’UE

La réunion des dirigeants européens des 17 et 18 décembre devrait soutenir la création d’un corps européen de garde-frontières et de garde-côtes et une coopération plus étroite pour lutter contre le terrorisme, ont déclaré les députés pendant le débat mercredi avec M. Juncker, Président de la Commission, et M. Schmit représentant la présidence du Conseil. Certains députés ont souligné la nécessité d’envisager les mesures qui peuvent être prises pour maintenir le Royaume-Uni dans l’UE.

“La première priorité pour nous tous est de mettre en œuvre ce qui a été décidé” pour résoudre la crise migratoire, et de renforcer la coopération afin de lutter contre le terrorisme, a affirmé Nicolas Schmit, ministre luxembourgeois de l’emploi représentant la présidence du Conseil. “Le Conseil européen de décembre ne prendra pas de décision sur les questions liées au référendum britannique”, a-t-il ajouté.

“Schengen est appelé à durer”, a annoncé Jean-Claude Juncker. Selon lui, un système européen de garde-frontières et de garde-côtes renforcerait la seule frontière européenne que l’UE doit avoir, la protégeant par des contrôles obligatoires de toutes les personnes qui quittent l’UE ou y entrent. “Je vais appeler le Conseil européen à répondre positivement à notre proposition”, a-t-il commenté.

Le président du groupe PPE, Manfred Weber (DE), a expliqué qu’il soutiendrait toutes les nouvelles initiatives proposées par la Commission, comme celle sur la gestion des frontières extérieures de l’UE. “Nous devrions arrêter de parler de sommets de crise”, a-t-il dit. “Nous avons beaucoup progressé: nous avons un accord PNR et un mandat Europol, la Grèce fait toujours partie de la zone euro, nous soutenons l’Ukraine malgré la pression exercée par la Russie, et nous disposons désormais d’accords sur le climat et la protection des données”, a-t-il poursuivi.

Gianni Pittella (IT), chef de file du groupe S&D, a aussi salué la proposition “positive” sur la gestion des frontières extérieures de l’UE. “Cependant, nous avons également besoin de nouveaux mécanismes contraignants pour une meilleure réinstallation des demandeurs d’asile”, a-t-il précisé. Il s’est par ailleurs engagé à ce que son groupe fasse “tout ce qui est en son pouvoir” pour maintenir le Royaume-Uni dans l’UE.

“Beaucoup trop de personnes proposent des réponses simplistes – parfois, seules les voix extrémistes sont entendues… Nous devons désormais nous montrer très prudents quant à la façon dont nous nous mettons d’accord et ce sur quoi nous nous entendons”, a déclaré le président du groupe ECR, Syed Kamall (UK), mentionnant les crises actuelles telles que le terrorisme et les migrations.

Au nom du groupe ADLE, Guy Verhofstadt (BE) a instamment invité les chefs d’État et de gouvernement à se prononcer sur la proposition de la Commission en faveur d’un corps européen de garde-frontières et de garde-côtes – et pas seulement à l'”examiner”. “En ce qui concerne le Brexit, j’appelle à étudier les demandes de M. Cameron de manière constructive – il s’agit d’une occasion de réformer l’Europe”, a-t-il conclu.

La chef de file du groupe GUE/NGL, Gabriele Zimmer (DE), a appelé les États membres à respecter les engagements pris récemment lors d’un Conseil concernant l’accueil des demandeurs d’asile. Elle a pointé du doigt l’attitude “malhonnête” des dirigeants européens vis-à-vis de la Turquie. Ses propos ont été repris par Philippe Lamberts (Verts/ALE, BE), qui a invité la Commission à “réexaminer” son projet de proposition sur la protection des frontières et à créer une “voie légale” pour que les demandeurs d’asile puissent demander protection dans l’UE.

Pour Nigel Farage (EFDD, UK), quitter l’UE est la seule manière “de retrouver une confiance nationale”. Edouard Ferrand (ENL, FR) a plaidé pour des politiques individuelles adaptées à chaque État membre: “Une Union européenne des nations est la seule solution”.

Le Président du Parlement européen, Martin Schulz, s’adressera au Conseil européen jeudi à 16h00.

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